YAPP : Des activités agropastorales pour la promotion de la paix à Bweremana

L’Association pour le Développement et l’accompagnement des Vulnérables (ADAV) est déterminée à assurer le relèvement socio-économique des jeunes  et promouvoir la consolidation de la paix dans sa zone opérationnelle. Dans le cadre du projet YAPP, l’association exécute deux projets agro-pastoraux à Bweremana, une citée située dans la partie sud du territoire de Masisi, dans la province du Nord Kivu. Le premier est un poulailler avec deux catégories de poules (poulets de chair et poules pondeuses) et le second une bananeraie d’un hectare et demi.

Le poulailler a pour l’instant une vingtaine de poules qui se reproduisent petit à petit. Les jeunes affectés à cette activité doivent chaque jour assurer l’entretien du poulailler, chercher et donner de la nourriture aux poules. Pour ceux affectés à la bananeraie, ils doivent être ensemble chaque matin pour travailler le champ, enlever les mauvaises herbes autour des bananiers, surveiller les régimes déjà prêts à être récoltés en vue de les mettre sur le marché.

Il sied de signaler que la bananeraie exploitée par l’ADAV  est un champ loué pour  six mois renouvelables. Pendant cette période, l’association a le monopole de l’exploiter. Cette activité va son petit bonhomme du chemin et plusieurs régimes de bananes sont cueillis chaque semaine et mis sur le marché pour alimenter quotidiennement la caisse collective des jeunes. « Nous récoltons au moins 30 régimes de bananes chaque semaine et quelques fois nous en récoltons plus. C’est une très belle expérience pour nous. Nous vendons au prix le plus bas pour permettre à tout le monde de pouvoir s’en procurer. Avec 10000fc (soit 5$) pour un régime de banane, tout le monde y trouve sa part, si nous devons aussi ajouter le peu que nous gagnons avec l’élevage des poules »

Grace aux recettes de ce projet, ces jeunes témoignent aujourd’hui de l’autonomie financière acquise. L’association s’est organisée sous forme de mutuelle d’épargne (ristourne). L’argent gagné est gardé ensuite remis à un jeune qui doit l’investir dans une autre activité au bout d’un temps avec le suivi des encadreurs ensuite le rembourser pour qu’il puisse être octroyé à un autre jeune.  « Je suis heureuse car le projet  nous a guidé dans l’élevage des poules. Et personnellement, ça m’a aidé dans l’élevage car l’élevage ce n’est pas une chose qui se fait au hasard. Grâce à ADAV, nous en avons déjà de bonnes notions et améliorons notre vécu quotidien par la vente des produits et pour notre alimentation », témoigne MAOMBI RUBENGA Monique, une de jeunes participants au projet. « Je travaille chaque matin ici au champ. Il y a quelques temps cela n’aurait pas pu être possible. C’est vrai ce n’est pas facile mais j’ai au moins de quoi m’occuper. J’ai ouvert un petit commerce d’unités d’appels dans mon quartier grâce à l’argent que je gagne ici. Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’embêter mes parents » se réjouit Eric, un jeune rencontré en pleine activité dans la plantation des bananes.

Plusieurs jeunes ont vu leurs vies changer avec cette activité d’ADAV. C’est plus de vingt jeunes et même au-delà qui s’occupent de ces activités, du matin au soir, et ces derniers travaillent avec amour et passion que l’association a su incarner en eux, alors que jadis, ils étaient incontrôlés, négligents, désespérés par manque d’occupations. « Chez nous, beaucoup de jeunes, bien qu’intellectuels sont oisifs. Ils passent leurs temps abusant de l’alcool, sans emploi, d’autres se droguant avec des risques de s’enrôler dans des groupes armés. Heureusement avec notre projet nous y remédions petit à petit » confie Marcel Bwingo, chef de programme d’ADAV.

ADAV sollicite donc un appui continuel de la part de NPCYP et tous ces partenaires. « Nous demandons à nos bailleurs de ne pas cesser de nous accompagner pour que la liste des jeunes que nous encadrons puisse accroitre. Nous espérons que ça va significativement baisser le taux de la délinquance observée fréquemment chez ces jeunes. Nous aimerons aussi prochainement avoir notre propre champ et ne plus faire des locations … » ajoute ce dernier.

Le projet d’ADAV à Bweremana est un signal fort que la paix est encore possible dans ce coin et au milieu de tous les jeunes.

Patrick Bassham